La famille Benatov

Tout jeunes parents, madame Livja Flood et son mari Leonardo Benatov, craignant les troubles que la guerre causerait, décidèrent dès 1939 de partir à la recherche d’une maison en banlieue parisienne avec des terres cultivables.

Après un an et demi de recherche, leur choix fait, c’est au domaine de Saint-Lubin qu’ils poseront leurs valises.

La famille vécue pendant l’intégralité de la guerre au domaine de Saint-Lubin. La proximité avec la voie ferrée, le cadre privilégié de la Vallée de Chevreuse et l’influence relative du régime alors en place permit à la petite famille de s’épanouir et de s’agrandir.

Fort de quatre enfants, Björnulf, Livja, Leonardo et Rurik, les Benatov ont puisé dans les murs de la « Maison Bourgeoise » les racines de leur créativité. La culture du beau, de l’élégant ont nourri cette famille d’artistes et de créateurs touche-à-tout.

Pendant ses moments d’évasion, Livja Flood s’isolait dans sa « cabane » donnant sur la chapelle, pour écrire ses romans norvégiens. Leonardo Benatov lui peignait dans son atelier à l’étage ou à l’extérieur profitant des vues et dégradés de couleurs uniques que lui offrait la Vallée de Chevreuse.

Dans les années 50 et jusqu’au milieu des années 60, la maison était devenue la résidence secondaire de la famille Benatov qui y séjournait en belle saison, pour les fêtes ou les week-ends.

A partir de 1968, les époux Benatov et leur fils Leonardo de retour de son aventure brésilienne, s’installent définitivement à Saint Lubin où ils y vivront jusqu’à leur décès.

Aujourd’hui la nouvelle génération de la famille Benatov y réside encore et souhaite donner un nouvel élan basé sur le partage de l’histoire culturelle du lieu et de ses nombreux résidents. 

Leonardo Bounatian Benatov père

Né le 16 août 1899 en Russie, à Kagizman une région du Caucase, Leonardo Benatov était un artiste peintre qui a emmigré en France en 1924-1925 où il a vécu jusqu’à son décès en 1972 à Chevreuse.

De famille princière, descendant des Argoutinsky–Dolgorouky, Leonardo était par son rang destiné à être officier militaire. C’est, étrangement, la tragique révolution bolchévique de 1917, foncièrement anti russe blanc, qui délia l’artiste en devenir de ses obligations.

Il travailla son art dans un petit studio, réalisa plusieurs commandes publiques et obtint une bourse d’étude et un visa pour deux ans en 1922. C’est alors que commence le second chapitre de sa vie d’artiste. 

Inspiré par ses pairs de jadis, il fit son Grand Tour, voyagea en Italie, Espagne, Hollande, Allemagne et c’est en France qu’il posa définitivement ses valises. Installé à Pairs, rue Campagne Première, il y fréquenta ses compatriotes russes tels que Larionov, Goncharova ou encore Soutine, et exposa ses œuvres au Salon. Il réalisa de nombreuses toiles figuratives jusqu’au début de années 40, illustrant des scènes de rue, de famille ou d’intimité.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale il s’installa avec sa famille dans une maison de campagne de la Vallée de Chevreuse, sur le domaine de la chapelle Saint-Lubin. Les sujets de ses oeuvres se transformèrent tirant vers un impressionnisme moderne prenant comme modèle de nombreux paysages, des vues de villages.

C’est aussi à cette période que le peintre, érudit et fin connaisseur de la peinture ancienne et du mobilier de collection, se fit marchand. Conseillant des marchands jusqu’aux institutions publiques, cette activité qu’il pratiquera jusqu’à son décès en 1972, assura une certaine stabilité aux comptes de sa famille.

Collections publiques :

      • Musées des Provinces Russes
      • Fondation Davis Philadelphie
      • Musée de peinture de Grenoble
      • Musée du Jeu de Paume
      • Musée Pompidou
      • Musée de Sao Polo
      • Musée du Petit Palais
      • Galerie Tretiakov à Moscou
      • Musée de l’Etat Russe à St Petersbourg

Livja Flood

Née au nord du cercle polaire à Tromsö en Norvège le 18 août 1909, Livja Flood était une écrivaine, journaliste et artiste peintre norvégienne ayant vécu à Chevreuse les trente dernières années de sa vie, où elle est décédée en 1995.

 Sa vie au fin fond d’un fjord éveilla son puissant imaginaire qui ne l’a jamais quitté. Très jeune déjà, ses talents en langues étrangères, l’anglais et le français qu’elle parlait couramment, lui donnèrent envie de voyage, rejoindre Oslo dans un premier temps, parcourir le monde dans un second.

Elle concrétisa en 1932 son ambition en traversant l’Europe en motocyclette, réalisant ce que peu de femme de son époque pouvaient faire, être indépendante. C’est dans le cadre d’une correspondance de presse que cette épopée est organisée, la destination finale étant Paris.

Son travail journalistique est riche puisqu’il permet de suivre son cheminement à travers les pays, tout en enrichissant son imaginaire débordant. A Paris elle se spécialise dans l’interview de célébrités dans les domaines de la littérature et du cinéma.

C’est à l’Académie de la Grande Chaumière, rue de Chevreuse, où elle suivait des cours d’art plastique, que Livja Flood rencontra l’artiste peintre Leonardo Benatov. Le coup de foudre est immédiat, chacun trouvant dans l’autre la beauté sous toutes ses formes. De cette rencontre s’ensuivit un mariage et la naissance de quatre enfants.

Avec sa famille, l’autrice vint s’installer pendant la guerre au domaine de Saint-Lubin, fuyant l’instabilité de la capitale, et profitant du terrain et de la vie à la campagne, et des paysages chevrotins pour nourrir ses récits et ses toiles.

Dès 1937, Livja Flood publie son premier roman en Norvège intitulé « Hors mariage ». Suivront treize romans dont les quatre derniers, contrairement aux précédents écrits en norvégiens, seront rédigés français. Son œuvre fut régulièrement récompensée, la médaille d’or de la ville de Paris pour une œuvre écrite en français par un étranger entre autres.

Son apport littéraire dépasse ses œuvres puisqu’elle était lectrice du plus important éditeur norvégien, Gyldendal, qui se référait à ses recommandations pour éditer des écrivains français en Norvège, Henri Troyat, Hervé Bazin, Andre Maurois pour ne citer qu’eux.

Parallèlement à son travail d’autrice, Livja Flood était une peintre talentueuse et prolifique. Tantôt caricaturiste pour ses propres articles, tantôt peintre, elle su s’approprier son style dans un univers où la femme souvent était reléguée au second plan. Elle exposa ses peintures dans le monde entier, qu’elle adorait sillonner en train wagon-lit ou sur des paquebots, à savoir en Amérique du Sud, en Afrique et évidemment en Europe.

Bibliographie :

–          « Le temps des incertitudes », éditions Stock.

–          « Le trèfle à quatre feuilles », éditions Nathan.

–          « La Nuit du Temps », éditions Etapes.

–          « Les filles Kervalec », tome I, II et III, éditions Etapes.

Leonardo Benatov

Né à Neuilly sur Seine le 11 février 1942, Leonardo Benatov, dit Benatov, était un artiste peintre et sculpteur contemporain ayant vécu une grande partie de sa vie à Chevreuse où il est décédé en 2018.

Issu d’une fratrie de quatre enfants, fils d’une écrivaine peintre et d’un peintre, sa vie ne put être qu’orientée vers l’art et la création.

Cependant c’est à ses 17 ans qu’il connu sa première aventure et non des moindre, bien loin de la scène artistique parisienne, puisqu’il entreprit de développer une affaire agricole au Brésil. Entre les chroniques de ses péripéties dans la forêt amazonienne et son affaire de caoutchouc, s’il était parti adolescent, c’est en homme affirmé qu’il revint en France en 1966. 

 

Installé dans la demeure familiale de Saint-Lubin, il était alors pris d’une obsession, la création. Peinture, sculpture, architecture, tout devenait sujet de création. La sculpture étant son principal médium, il fut très vite attiré par la question de la transposition du modèle original en bronze. Il créa sa propre fonderie artisanale dans laquelle il expérimenta les techniques décrites dans de poussiéreux codex de maîtres bronziers italiens et français.

Son objectif premier, réaliser ses sculptures monumentales de plus de deux mètres en une seule coulée. Chose faite, une nouvelle aventure de dessina naturellement sous ses yeux, la fonderie d’art en tant que fondeur et non plus en tant qu’artiste.

Ses avancées technologiques et le savoir-faire développé lui conféra rapidement une aura internationale. Il eu l’opportunité de collaborer à l’agrandissement des sculptures d’Anthony Quinn, qui était par ailleurs un ami proche, de réaliser les grands guerriers d’Anthony Clavé ou le projet pharaonique de Jean Verame, et de collaborer avec de nombreux éditeurs sur la réalisation de sculptures.

 Son art a également connu une reconnaissance institutionnelle grâce aux commandes officielles comme le Napoléon 1er de l’aéroport d’Ajaccio ou son Napoléon III inauguré au tribunal de commerce de Paris.

Par ailleurs, son apport à la culture et au patrimoine français a été officiellement reconnu lorsqu’il a reçu la médaille de l’Ordre de Chevalier des Arts et des Lettres en 2014.

 

Collections publiques :

      • Mairie de Gravelines
      • Théâtre Rossini à Pesaro
      • Aéroport d’Ajaccio
      • Tribunal de commerce de Paris