Histoire du domaine

Le domaine

Le domaine, actuellement appelé la Chapelle Saint-Lubin, est connu depuis le XIIème siècle. En presque un millénaire, le Domaine a accueilli de nombreux et divers occupants.

Au XIIème siècle, le domaine était une maladrerie dédiée aux nombreuses victimes de la lèpre qui sévissait à cette époque, la propagation s’étant largement étendue en occident, favorisée par les grandes croisades qui impliquaient des déplacement de population.

C’est dans ce contexte que de nombreux établissements, appelés aussi léproseries, ont été érigés sur les grands axes de circulation. Au bord de la route reliant Paris à Chartres, la léproserie de Saint-Lubin était donc idéalement située et suffisamment éloignée de la ville pour contrôler la contagion.

L’engouement de la population pour les Croisades suscita de nombreux legs et dons aux institutions qui soutenaient les expéditions dont les léproseries. Ces établissements étaient confiés aux ordres religieux, ce qui explique la présence de la chapelle à l’hôpital.

Au XVIIème siècle, sous le règne de Louis XIV, la question des léproseries en France était au cœur des débats budgétaires. En effet, si leur nécessité était avérée pendant la grande peste, celle-ci avait quasiment disparu dès le XVIème siècle.

C’est pourquoi, en vue de financer son grand projet de l’Hôtel des Invalides, Louis XIV distribua les biens des léproseries à l’ordre nouvellement réactivé du Mont-Carmel, ordre uni à celui de Saint-Lazare par acte en 1677.

Carte : Seigneurie de Chevreuse, 1700

Archive Nationale, N II Seine-et-Oise 43

Cl. Inv. Vialles

81.78.393 P

Après la Révolution Française, les propriétés du clergé et de la noblesse ont été très largement vendus comme Bien National au profit de la jeune République. C’est à cette période, début du XIXème siècle, que le Domaine a connu plusieurs propriétaires privés.

On retrouve lors des inventaires successifs de la République et de l’Empire de nombreux documents faisant état de l’évolution du domaine. La bâtisse qui constituait l’hôpital fut détruite en 1843 par les propriétaires qui ont construit une « Maison Bourgeoise » à la place.

La chapelle, toujours propriété de la commune de Chevreuse en 1846, a été également démolie pour des questions de vétusté. En effet le maire de l’époque proposa dès 1843 de réaliser un diagnostic des restaurations nécessaires à effectuer. Les coûts et bienfaits de la reconstruction intégrale de la chapelle l’ont emporté sur la proposition de restauration des accidents et faiblesses structurelles de la bâtisse.

Ce n’est qu’au milieu de XXème siècle, 1949, que la commune accepta de céder au propriétaire de la « Maison Bourgeoise », monsieur Leonardo Benatov (1899 – 1972), la chapelle de Saint-Lubin. La parcelle autrefois démantelée par l’histoire de France retrouve alors son unité et devient le Domaine de la chapelle Saint-Lubin.

Cette rubrique de l’histoire s’est grandement inspirée de l’article de monsieur Michel Charron, que nous remercions, parut dans « Mémoire de Chevreuse » « La Chapelle et la Croix Saint Lubin au XIXème siècle, bulletin n°7, 2009, édité par l’Association la Mémoire de la Ville & Châtellenie de Chevreuse.

 

Vue intérieure de la Chapelle Saint Lubin, dessin par Louis Morize, 1845

Fonderie Airaindor-Valsuani

L’aventure de la fonderie prend ses racines dans l’ambition d’un jeune artiste, parti au Brésil en quête d’aventure, et de retour auprès de sa famille en 1966, Leonardo Benatov, surnommé le Benatov. Formé par son père, lui-même grand artiste peintre, le jeune Benatov va s’épanouir à la fois dans la peinture et la sculpture dont le fil rouge reste et restera l’anatomie humaine.

En 1970, l’autodidacte désire transposer ses sculptures en bronze et décide d’étudier les grands maîtres italiens de la fonte à la cire perdue, spécialistes de la patine à la flamme.

Pierre après pierre, la première fonderie voit le jour. Pendant 10 ans seront mises à l’épreuve de nombreuses techniques afin d’obtenir le Saint-Graal, la fonte d’une pièce monumentale en un seul jet, une seule coulée.

En 1979, apprenant qu’une marque historique est en difficulté, le cachet C. Valsuani, créé en 1908, le Benatov va faire une proposition de rachat de l’intégralité de la fonderie et souhaite conserver les artisans, garants de la qualité des fontes, et reloger la fonderie à l’extérieur de Paris, sur le domaine Saint-Lubin, à Chevreuse.

Les travaux pharaoniques débutent et fort de son expérience de la coulée, le fondeur sait exactement comment disposer les éléments (fours, fausses, ponts etc…) pour optimiser la qualité de ses fontes.

Dans les années 80-90 la fonderie alors appelée Fonderie Airaindor-Valsuani va participer à de nombreux projets artistiques monumentaux en collaboration avec des artistes de renom Antony Quinn, Antony Clave, Cesar, Jean Verame, Fréour, Guino ou encore Xavier Degans.

La fonderie a été également très prisée par les ayants droits et éditeurs d’artistes importants comme Salvador Dali, Rembrandt Bugatti, Charles Despiau, Edgar Degas ou encore Renoir-Guino.

Ce qui primait pour ces différents commanditaires était la qualité des fontes, les patines inimitables et la capacité de réaliser des fontes monumentales sans détérioration du modelé original de l’artiste.

Au cours des années 2000, la Fonderie Airaindor-Valsuani, rebaptisée Fonderies De Chevreuse, a connu sont plus fort rayonnement culturel. Des expositions de grande ampleur furent organisées et les commandes publiques étaient nombreuses.

Si la décennie suivante a mené la fonderie au dépôt de bilan en janvier 2016, les années 2010 restent les années de la reconnaissance institutionnelle de la société.

En effet en 2012 une visite ministérielle a été organisée en présence de madame Valérie Pécresse et monsieur Frédéric Lefebvre, respectivement Ministre du Budget, Porte-Parole du gouvernement et Secrétaire d’Etat chargé du Commerce et de l’Artisanat.

Deux ans plus tard, le directeur historique de la Fonderie, le Benatov se voit décoré de la médaille de l’Ordre des Chevaliers des Arts et des Lettres par madame la Première Ministre Edith Cresson.

Des tragédies familiales successives ont contraint les résidents du domaine à déclarer en état de liquidation la société Fonderies De Chevreuse en 2016 après avoir bataillé pour la conservation de l’activité.

Aujourd’hui, la question de la reprise de la fonderie est un objectif atteignable et désiré par les héritiers de la famille Benatov. 

Pour un complément d’information sur l’historique et les techniques de la Fonderie Airaindor-Valsuani, il vous est possible de consulter le Wikipédia dédié à la société.

Fonderie Valsuani — Wikipédia (wikipedia.org)